samedi 21 avril 2012

Viril, mais pas assez!


Les filles pensent souvent à tort qu'elles sont les seules victimes des diktats de la société. Bon, hormis le fait qu'il y ait encore beaucoup de femmes opprimées dans certains coins de la planète, c'est vrai que lorsqu'on est une femme, il vaut mieux être ni trop grosse, ni trop maigre ou encore bien calculer avant de pondre un mioche pour préserver sa carrière. Mais il existe aussi chez la gente masculine une catégorie de personnes qui ne s'est visiblement pas bien servie en matière de testostérone lorsqu'il le fallait. Oui, nous aussi, avons notre part de pression sociale même si on ne le crie pas à la moindre occasion.

Tenez, moi par exemple. Là où certains ont de la barbe à la Fally Ipupa, moi, j'ai des poils de pubis sur les joues, compensés - heureusement - par un bouc qui - si je ne m'en occupe pas - peut vite me transformer en version Camerounaise de Marc Dutroux. Puis, j'ai deux belles couilles mais je n'ai jamais pu tenir en place devant un match de Foot. Mon père qui le vivait très mal  criait mon nom pendant les derbys en vain; j'avais toujours mieux à faire. Et au Cameroun, un mec qui n'aime pas le Foot passe aussi inaperçu qu'une albinos qui se teinte cheveux et sourcils en noir pour paraître blanche (brune), c'est vous dire. Je suis sûr que chaque fois que je me rendais chez mes petites voisines, le quartier pensait que c'était moi qui jouais la maman. D'ailleurs, je suis persuadé que si j'avais eu à le passer, j'aurais probablement quadruplé mon rite d'initiation (ndla: la déclinaison Africaine du service militaire). 

Comme je le disais tantôt, ça n'a jamais été un problème en soi avec les filles. Elles entretiennent vis-à-vis de leur petit ami la même relation qu'avec leur sac à main préféré. Certaines l'aiment imposant alors que d'autres privilégient le côté pratique; pour certaines, ce qui compte c'est qu'il attire l'attention - quels que soient les moyens - et pour d'autres encore il faut qu'il soit petit mais mignon. Seulement, ces dernières oublient souvent que ce qui est petit mais mignon n'est pas fait pour cogner sur les gros gaillards (Je dis ça, je ne dis rien, quand vous partez cherchez les problèmes mesdames...). Bref, tout ça pour dire que contrairement à ce qu'il advient souvent dans le sens inverse, la pression ne vient pas vraiment de vous, femelles.

Elle vient de nous, mâles, chez qui le fait d'être un phallus sur pattes à défaut d'être un Don Juan est souvent plus mainstream qu'être un cerveau ambulant aux airs de philosophe. Entre coqs, la rivalité est rude. Il faut faire ses preuves devant la meute, montrer qu'on assure car un homme en jachère - comprenez qui ne nique pas (une femme) - n'a droit qu'à deux explications: son caractère de puceau ou son homosexualité. Préférer la branlette - à défaut de tenir l'abstinence - au fait d'abaisser ses critères pour un, deux, trois soirs, est inconcevable. Ceci parce que les critères masculins se segmentent en deux parties: ceux de l'individu et ceux de son compagnon de l'ente-jambes, le Roi Dagobert. Tandis que dans les critères du premier se combinent critères physiques et traits de personnalité (caractères, et tout le bazar), le second quant à lui est tellement paresseux qu'il suffit que vous soyez capable de le lever pour être à son goût. C'est certainement de là que vient la distinction entre l'Officielle et le(s) plan(s) cul(s) qui dépasse encore l'entendement de la gente féminine. Ce n'est pas de notre faute, c'est de la faute au Roi Dagobert, il n'est pas compliqué et s'agence avec tout.  Attendez, ne me tombez pas dessus, je ne justifie et n'excuse personne. J'essaye juste d'expliquer la manière de voir les choses des mes homologues. Moi, je suis un mec bien. Je ne sais pas mentir à une fille qu'elle est jolie sans éclater de rire; j'évite de dire à une noire que je préfère les blanches une fois qu'elle m'a remballé et le seul moment où je ne me trouve pas trop mature, trop réfléchi au milieu des miens, c'est lorsque je suis ivre. Vous voyez, je suis de votre côté...
              D'accord, ce n'est pas que je vous aime plus que les autres ou que je sois spécialement romantique (le moins du monde). J'suis même avare en compliments et j'ai mon lot de Cas-social-eries. Non. En fait, je fais simplement partie de ceux qui aiment se faire courtiser même si une fois sur deux c'est par une catastrophe. Ceux qui ne souhaitent pas prendre de la confiance et apprendre en essuyant des râteaux. Oui, il existe des mecs qui ne se grattent pas les couilles devant un match de foot et qui bougent en discothèque pour attirer les gos en dansant. Ces mecs, virils, mais pas assez, se battent pour l'émancipation de la femme parce qu'ils entrevoient dans l'avènement des femmes entreprenantes, cougars et autres espèces prédatrices les prémices d'une époque où ils vont se complaire dans leur passivité.

3 commentaires:

  1. très bon article! très bien écrit en toute simplicité et avec une pointe de sarcasme. En tant que fidèle lectrice, je te retrouve enfin depuis bientôt quelques articles. Celui intitulé "des formes oui mais pas comme chez vous" m'avait un peu déçu. mais contente de voir que ça repart !

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  2. J'adore cet article! j'aime beaucoup le blog en général. Grande adepte des chroniques je suis servi ici !!! bisouxx

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  3. tu m'as kill avec les roi dagobert!!!mdrrrrrr

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Ah, c'est bien, faut pas faire timide comme ça! Merci

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