mercredi 19 octobre 2011

Nigga in Hull. Part 2


The Killers - Mr. Brightside


              Lundi soir j'ai passé une soirée que la plupart des mecs de mon âge aurait souhaité  passer, du moins qu'en partie. 
                  Rendez-vous au Piper, enfin, c'est ce que j'avais compris, je suis complètement largué avec leur accent, j'ai l'impression qu'ils parlent avec de l'eau dans la bouche et je me contente toujours de répondre «Yes I see» . Je me pointe donc comme prévu mais me retrouve seul avec deux options: gratter l'amitié ou bien squatter la piste en attendant. Ayant 
«un peu» bu du rosé dégueulasse avec des connaissances, j'opte pour la seconde solution. Je suis de ceux qui n'ont pas froid aux yeux quand il s'agit de danser, quitte à inaugurer la piste de danse. Me voilà donc sur cette piste vide, en train de sortir mon petit déhanché habituel sur le remix de "Work it" (Kelly Rowland). C'est à ce moment précis que les choses deviennent dingues. Les filles s'emballent, les gars sortent les grands yeux, les vigiles se redressent: j'ai l'impression d'être en minijupe en Arabie Saoudite. Mais qu'importe, le rosé fait son effet et puis, je suis dans je-ne-sais-quel-coin pour seulement neuf mois: Moon Walk, Malewa, C-walk, Tchoumakaya, Head-Should-Knee & Toes, j'enchaîne tous les pas de danses que j'ai économisés et ne me préoccupe guère du genre musical. J'ose même les combinaisons les plus improbables. On me montre déjà du doigt, j'entends des «Oh my god», certaines me prennent même en photos, ou vidéo, voire le deux je n'en sais rien. Et comme si cela ne suffisait pas, le DJ balance «Get Busy» de Sean Paul. La chaleur monte d'un cran, le dancehall et moi, c'est une histoire encore plus forte que le noir et le KFC. Du coup, je me déchaîne et en quelques minutes, je me retrouve encerclé de non pas moins de quatre filles. Je prends laquelle? Ah non, je n'étais pas préparé à ça! En plus, il ne fait jamais bon de s'attaquer à des copines, ça se retourne vite contre toi. Au loin, d'autres filles me sourient. Plus de doute: J'AI LA CÔTE. Ce n'était pas aussi facile en France, tu pouvais toujours tourner tes fesses dans le vent qu'aucune fille ne se serait montrée aussi entreprenante.

              J'ai choisi de jouir de ma popularité et de ne jeter mon dévolu sur aucune d'entre elles pour le moment. Visiblement, certains l'ont interprété autrement puisque peu de temps après, c'est un mec qui s'est pointé en face de moi, souriant, pour m'accompagner...Malchance! Même ici? Je me décale, il se décale. Je fais «No dude!» en appuyant avec un geste et je le regarde l'air de dire: «C'est comme ça que vous gâtez la carrière des gens ici, quitte devant moi imbécile!». Il me lâche finalement les baskets et entre temps, un grand noir passe et me check comme pour dire «Yo nigga» et continue son chemin. D'autres noirs sourient avec moi mais, vu leur manière de danser sur «Single ladies» de Beyonce, j'ai l'impression qu'ils attendent plus que faire «ami-ami».
             Soudain, je sens derrière moi une main poignante qui me pince le derrière! Ouch! Oh C'est quoi ça? Je me retourne: une demoiselle qui faisait au moins trois fois mon poids: «$#&%£€@»«Sorry I'm french, I don't understand very well» «Tenga mi casa» «French, not spanish!»«I get my house» surenchéri-t-elle en me jetant un regard coquin. «ah Okay!», à peine ai-je répondu qu'elle m'agrippe et commence à me frotter comme le derrière d'une marmite. Pris de cours, je me laisse faire, je cède même et commence à me déhancher avec elle. La voilà qui se met de dos, attrape mes mains et les met autour de sa taille. Dans la foulée, je lui baisse le dos et commence à faire du «Bend ova» comme dans certaines vidéos de soirées Passa Passa, sous les yeux ébahis du vigile. Elle est plus que ravie: «I adore you». Mais le jeu me fatigue, je me décale, elle me rattrape et c'est reparti. Désormais, je subis et me laisse faire, étouffé de rire dans mon état. La voilà qui se remet face à moi, s'approche comme pour me susurrer quelque chose à l'oreille...Aie! La garce m'a mordu l'oreille! Déjà qu'elles sont pliées au bout... C'en est trop, je me dégage, m'éloigne en m'enfonçant dans la foule, elle me suit, me tire, rebelote. Je n'en peux plus, elle me fixe maintenant, positionne sa bouche. Noooon, je ne veux pas. Pardon. Elle prend les devants et se lance, je tourne la tête, ça tombe sur la joue. Seigneur, pourquoi les gens ne me défendent pas? Je simule une envie pressante et m'en vais me réfugier dans les toilettes tandis qu'elle semble me donner rendez-vous à la fin. Plus tard, je sors ma tête des chiottes pour guetter si elle n'est pas dans les parages, personne à l'horizon, je peux sortir. Entre temps, j'ai repéré une MILF mais, elle a l'air folle, ça doit être pour ça que tout le monde la fuit. Les filles continuent de me mater...Certains mecs aussi. Je recommande à boire aux tarifs étudiants (Vodka-Redbull à 1£60). Je me rappelle de ce que me disait celui dont je ne me souviens pas du nom: «Drague donc une fille ronde en présence de filles minces et ça les rendra jalouses et donc encore plus dingues». Effectivement, à peine me suis-je tenu près de la piste qu'une magnifique blonde, plutôt suédoise à son accent m'invite : «Excuse me, can we dance?». Qui plus est, ce n'est pas dans les habitudes des anglaises de demander avant, en témoignent les deux qui m'ont pris en Sandwich, samedi dernier, à la discothèque de la Fac (capacité de 1600 personnes). Bref, j'accepte l'invitation, me positionne et les lumières s'allument, deux heures et demi, c'est la fin. NOOOOOOOOOOOO, me disais-je au fond en tendant mon portable à la fille. «Next monday» me répond-t-elle. «Hein? Comment ça Next monday? Et si d'ici là on a clapsé?» «Sorry?»«No Okay, see you next monday».
            En rentrant,  je me suis - une fois de plus - arrêté à la pizzeria. Le vendeur m'a encore fait une faveur question tarifs et m'a même offert une cannette. Dans un contexte où mes fesses ne sont point en sécurité je songe quand même à changer de pizzeria, je ne suis pas sûr que lui et moi soyons d'accord sur les closes du contrat qui nous lie, ceci d'autant plus que chaque fois que je passe chez lui, je suis relativement éméché. 

P.S: Soit dit en passant, je n'ai jamais retrouvé ceux que j'étais sensé retrouver. Je compte prendre rendez-vous avec modération pour me faire des contacts plus fiables.

P.S 2: Je dois vraiment danser comme un payday, samedi dernier je me suis également fait draguer par 3 mecs différents...Déjà qu'en France, certains s'interrogeaient sur ma sexualité!

2 commentaires:

  1. un mec qui est stylé et qui sait danser, attire forcément les gays, so ne te pose pas trop de questions :p

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  2. ENCORE! PLEASE! Je m'y retrouve tellement c'est completement dingue.. Leeds c'est la meme chose! Dis moi si tu y passe une fois ;)

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Ah, c'est bien, faut pas faire timide comme ça! Merci

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