mercredi 5 octobre 2011

Nigga in Hull. Intro.


Jay-z ft Kanye West  - Niggas in Paris


               Ca fait déjà quelques jours que je suis arrivé à (Kingston-Upon-) Hull, petite ville du nord-est de l’Angleterre, à deux heures de train de Londres et seulement une heure de Leeds. Je suis agréablement surpris car j’appréhendais. J’avais peur de descendre du train, valise pleine à craquer et, de me faire courser par des espèces de bonshommes aux crânes rasés prêts à chanter « Yesterday I killed a nigger ». 
             La principale difficulté tient surtout du fait que j’ai manqué la semaine d’intégration et tout ce que cela implique. Il faut dire que j’ai fait fort : ce n’est que la veille de mon départ que j’ai pris soin de vérifier pour me rendre compte que mon passeport avait expiré un mois plus tôt. Deux cents cinquante euros de billet d’avion (sans garantie annulation) sont ainsi tombés à l’eau. Pour l’annoncer à ma mère, j’ai dû lui suggérer de s’asseoir après avoir débarrassé la table de tous les objets susceptibles de voler et, je me suis moi-même installé à l’autre extrémité, près de la porte, en m’assurant qu’elle n’était pas verrouillée au cas où…

            Finalement, j’ai décollé une semaine plus tard. Mon dernier trajet en avion remontant à mon arrivée en France, j’ai été le seul à éclater de rire en voyant les hôtesses reproduire les « gestes de survie ». J’ai effectué une première escale à Liverpool où, en plus d’y avoir passé la nuit, j’ai pu sortir et ainsi goûter à la nocturne anglaise. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ici les jupes se raccourcissent énormément; et les trois kilos de bides de certaines, non de beaucoup d’entre elles, les aident bien à remonter. D’ailleurs, on a parfois du mal à distinguer sur les trottoirs, lesquelles vont « clubber » et lesquelles travaillent, pour vous dire… « ‘Cause, here girls who flirt, not guys like in France » m’a confié l’une d’entre elles. Je pense surtout que c’est dû au fait qu’elles n’entendent pas souvent « Ouesh cousineuh, oh t’es bonne fait péter la foufoune le 06 la miss ! ». Car voyez-vous, si ce sont vraiment les femmes qui prennent les choses en main, ça sera assez compliqué car les anglaises ont vraiment des tronches atypiques. Certaines semblent tout droit sortir d’un dessin animé. Mais on fera avec, de toutes les manières, je ne compte pas me branler pendant neuf mois pour finir avec un bras musclé.

           Je me suis rapidement acclimaté aux clubs de Liverpool, la musique y est nettement mieux que dans certains clubs dit « Hype » de Lyon. Les anglais ne s’en sortent pas mieux que les français en danse, je dirais même qu’ils sont pires. J’ai failli alerter la sécurité en voyant un se mettre à gesticuler comme un épileptique puis, en voyant son pote reproduire le même ballet, j’ai capté qu’ils dansaient. En outre, je me suis fait mettre à l’amende sur du Sean Paul par un indien, ou un pakistanais, il avait la tête de « ces gens là ». Je ne m’étais pas préparé à ça, moi qui les pensais toujours comme dans Bharati. Et puis, il y avait énormément de jolies noires, mais sans derrière. De véritables « ratées d’usines » pour tous ceux qui, comme G. et moi, estiment qu’une femme, qui plus est noire, doit avoir un vrai bobaraba, sinon « c’est la femme du blanc » (dit-on au Cameroun). En parlant de noirs, la plupart d’entre eux, une fois au courant du fait que je vienne de France, me demandent tout de suite « congelese ? ». L’un d’entre eux s’est même spontanément mis à me parler lingala; je lui ai alors retorqué « qu’on ne fait pas  ça ! Je suis venu ici pour parler anglais, pas les choses comme ça dis dis donc ! Et qu'il aille dire «Ndenge nini ?» à quelqu'un d'autre ». TCHIP.
          
           Le lendemain, huit heures du matin à la gare de Liverpool, je suis sensé arrivé à Hull dans les environ de dix heures après une seule escale à Manchester Piccadilly. Mais, ce sera finalement vers quatorze heures, après quatre escales à Manchester Piccadilly, Huddersfield et Leeds, que le blédard arrivera  à la gare de Hull. Non seulement, j’ai dû essuyer des annulations, mais je soupçonne également cet homme roux des services de la gare de m’avoir refilé de fausses informations, agacé par mes « are you choure ? Very choure sir?» intempestifs. A bout de nerfs à force d'enchainer les différents trajets, un petit incident comme l’arrêt brusque du train sur le trajet Huddersfield-Leeds a suffi pour me faire paniquer : 

           « Ca y est, Al-Qaïda nous a retrouvés ! C’en est fini pour nous ! On va tous mourir ! Quelle photo va-t-on même prendre de moi pour le mur des disparus ? Je ne sais pas si j'en ai une qui me met suffisamment en valeur. Et si mon ordinateur survit et, que ma mère veuten prendre une dessus, je n’ai pas nettoyé mon historique ! Elle risque de tomber sur mon dossier [#######]. Quelle poisse ! Moi qui pensais au moins voir les Etats-Unis un jour, je vais mourir bêtement dans un vieux coin que je suis même incapable de localiser sur une carte. Malchance ! »
           Et alors que je regardais devant moi, je lisais cette inscription qui disait « Smile, you are on CCTV ».Couvert de honte,  je n’ai pu m’empêcher d’imaginer ma tête dans l’émission « Sept à huit » sur TF1 :
          « Voici les dernières images du jeune étudiant, en train de se curer le nez et de se gratter les fesses à la guerre de Huddersfield, juste avant le départ du train et l’attaque. » 

        A la fin, je me suis endormi dans mes divagations et à mon arrivée, je me suis juste repété « tapette » en parlant de la mort. Débarqué au Campus en taxi, j’ai d’abord pensé avoir atterri à Pékin vu le fort taux d’étudiants asiatiques  puis, en voyant passer un jeune blanc, coupe afro et surtout rousse, j’ai compris que j’étais bien en Angleterre. Quand je vous dis qu'ils ont de ces tronches ces gens là; Je wanda (j'hallucine) tous les jours depuis que je suis là.


P.S: Ah oui! Les photos ont été volées ici et là sur le net. Vous vous doutez bien que si je n'ai pas été fichu de vérifier mon passeport en premier, ce n'est pas à un appareil photo que je penserai. (tout en bas à gauche, c'est ma Fac.)

4 commentaires:

  1. j'ai bien rigolé!! surtout le passage de l'annonce à ta mother de ton passeport périmé!!

    En tout cas, have a good year in england!!!!

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  2. Amusant! surtout le moment ou la congolaise commence a te parler en lingala.. Excellent!

    Meme impressions pour les jupes 'tres' courtes des anglaises lorsque je me suis installee en Uk!

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  3. Je viens de tomber sur ton blog, j'aime bcp ce que tu fais.

    Je suis congolaise de Brazzaville, chaque fois qu'un gars viens m'accoster, il me demande mes origines je dis donc que je suis du congo brazza et lorsqu'il est congolais (souvent de Kinshasa)direct il commence à parler lingala et quand j'explique que je ne parles pas lingala mais lari-kikongo j'ai droit à " hé mais comment ça ? donc tu n'est pas une vrai congolaise, faut parler lingala, à brazza le lingala on parle non " ça m’énerve à croire que c'est une langue internationale maintenant. Surtt qu'à brazza on parle bcp + lari que lingala

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Ah, c'est bien, faut pas faire timide comme ça! Merci

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