lundi 30 mai 2011

Guéant, pète un bon coup et fiche nous la paix!

Guéant pètes un coup et fiches nous la paix

« Contrairement à ce qu'on dit, l'intégration ne va pas si bien que ça. Le quart des étrangers qui ne sont pas d'origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés. »
Claude Guéant - Ministre de l'intérieur

Nous savions déjà que nos parents étaient tous des éternels assistés vivant aux dépens de l’Etat français ; nous savions aussi que  notre présence procurait aux « autochtones » ce « sentiment de ne plus être chez eux ». Et bien, Claude Guéant, ministre de l’intérieur, nous a annoncé il y a peu, que nous sommes en plus officiellement responsables du taux élevé d’échec dans le système scolaire français. Qui sait, peut-être que demain, les chiffres nous imputeront également l’épidémie de grippe aviaire, non ?

Et voilà que certains, non, beaucoup, érigent déjà le ministre comme modèle dans ce qu’ils dénoncent comme « la dictature des bien-pensants humanistes ». Guéant briserait les tabous, et dirait « tout haut ce que les français pensent tout bas ». Tandis que pour les plus modérés et le concerné, il s’agit surtout d’identifier les problèmes pour les « régler » et ce, en contrôlant l’immigration.

Pourtant, ce n’est pas tant le fait de cibler les problèmes qui crée polémique, sinon celui qu’un ministre de la République use de la sémantique du Front Nationale pour jeter à la stigmatisation les enfants issus de l’immigration. Car ce qu’on déplore, c’est cette intelligence malhonnête et vicieuse qui l’emmène à balancer que « les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés », avec tout ce que cela implique comme analyse de la part du citoyen lambda qui l’écoute. Etant aussi fort en maths que monsieur Guéant, je préfère passer sur mon doute quant à la véracité de ses calculs. Oser prétendre vouloir « régler les problèmes » en tenant des discours dans lesquels il corrèle origine géographique, échec et intégration, c’est bien faire du pied au Front National, mais c’est surtout ne servir personne en fin de compte.


Guéant a justifié son propos par les publications parues dans le « rapport de 2010 du Haut Conseil à l’intégration (HCI) sur les défis de l’intégration à l’école» où il semble avoir pioché ce qui corroborait dans son sens. En effet, les statistiques ethniques étant strictement proscrites en France, le rapport souligne surtout l’impact du milieu social-économique des parents sur la scolarité des enfants. Ainsi, le fait que les enfants d’immigrés aient plus de difficultés que les « français de souche » n’est pas lié à l’origine mais davantage au fait que les familles immigrées soient surreprésentées dans les populations modestes, détail que notre cher ministre a omis de préciser (à moins de prétendre que les familles modestes sont essentiellement les familles de chômeurs). On a tendance à nous prêter une « autre culture », « un autre mode de vie » comme si nous venions tout droit d'une brousse où l’éducation, le respect d’autrui ou encore le savoir-vivre sont extrinsèques. On oublie alors souvent que l’immigration africaine provient essentiellement des anciennes colonies de la France, partisane d’une politique d’assimilation, et que par conséquent le système scolaire entre autres, ne diffère pas tellement  du système français.

Etant moi-même immigré avant d’être enfant d’immigrés, j’ai personnellement eu à faire à ce système qui lorsque vous arrivé « du bled », à défaut de parvenir à vous faire rétrograder d’une classe – et vous donner du retard – essayera tant bien que mal de vous orienter vers des formations plutôt techniques. Pourtant, sans avoir la prétention de prendre mon cas pour des généralités, mis à part les problèmes de méthodologie rencontrés au départ, j’ai par la suite rencontré les mêmes facilités et difficultés que n’importe quel autre jeune français. Et si je veux bien concéder sur le fait que les ZEP soient majoritairement habitées par les populations immigrées, j’accuse Claude Guéant non seulement de jeter au pâturage cette part non négligeable « d’enfants d’immigrés » qui s’en sort très bien, d’utiliser à mauvais escient les statistiques et de jouer sur l’ambiguïté des conclusions afin d’emmener intentionnellement un discours xénophobe à l'approche des élections. On sait combien en politique l’immigration constitue un pain béni pour tous ceux veulent faire diversion face à leurs incapacités et les échecs de leurs politiques (Marine si tu m'entends).
S'il est vrai que beaucoup, dont Maybach très récemment, prédisaient encore de telles dérives populistes à l'approche des élections et que je savais donc pertinemment à quoi m'attendre, le fait de me faire traiter de vaurien sur la scène publique par le vieux  dépasse mon entendement. J'ai tout bonnement envie de dire: Guéant, pète un bon coup et fiche nous la paix! 

2 commentaires:

  1. La France et les faux problèmes qu'elle invente... Le discours de Guéant est juste exécrable, dégueulasse même.

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  2. Que dire... Par où commencer ?
    J'ai envie de dire "excuse moi si la misère de mon pays a emmené mes pauvres parents antillais dans ton pays si respectable"

    Mais enfait... je ne vois pas où il veut en venir dans sa petite phrase... Pourquoi il dit pas simplement "les étrangers (qui soit dit en passant ont pour la plupart la nationalité française) sont une plaie pour notre beau pays qu'est la France !"

    Enfait je pense que je vais préparer mes bagages pour retourner au pays... ah mais oui j'avais oublié, mon pays c'est la France !
    Bon ben je suis dans la merde

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Ah, c'est bien, faut pas faire timide comme ça! Merci

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