jeudi 20 janvier 2011

Dossier: Le sexe et l'infidélité chez l'homme africain

Le sexe et l'infidélité chez l'homme africain
Jeune demoiselle recherche un mec mortel, combien de fois t’a-t-on mise en garde contre les coureurs de jupons que, nous les hommes noirs, sommes ? Il paraît que le « deuxième bureau » c’est notre affaire, plus que celle des autres ; qu’en plus d’être dotés de gros gourdins dans les caleçons, nous aurions tendance à les tremper partout où l’on peut. Apparemment, nous serions nés juste avant la fidélité et, constituerions de véritables usines à produire des gosses adultérins et/ou abandonnés qui ne pourront s’empêcher de reproduire les mêmes scénarios plus tard. Ô, je ne parle pas ici d’une relation installée ou d’un moment d’inadvertance ; je te parle d’un accident de parcours avec une autre, qui ne ferait que se reproduire encore et encore.

Les expériences personnelles et les constats individuels devenant de plus en plus des « faits », difficile de démonter ce cliché en prônant l’universalité de l’infidélité. Il est donc vain de dire combien c’est naturel chez l’Homme d’avoir des pulsions sexuelles, et par déduction que nous sommes TOUS susceptibles d’être en proie à l’infidélité. Il est donc inutile de supposer que c’est pour cela que bon nombre d’infidèles ne voient aucun intérêt à mettre un terme à leur relation officielle car c’est souvent « juste une histoire de sexe ». Après tout, « on peut être très amoureux d’une fille… Et seulement vouloir en sauter une autre ». C’est donc peine perdue que de prétendre que TOUS les hommes sont de potentiels infidèles et que, la fidélité de chacun réside en sa capacité à raisonner face à ses pulsions au moment venu, et non en son origine.
Développer tout cela sera vain et inutile tant on se confrontera toujours à des « oui, d’accord, mais quand même… ». C’est pourquoi, partons de l’hypothèse que l’infidélité concerne surtout une portion d’hommes dont la libido serait la plus élevée, et explorons les différentes raisons qui feraient que, le négro-africain que je suis, serait plus apte à être infidèle que ses confrères.

Pourquoi peut – on penser que l’homme noir, ici limité au négro-africain, serait le plus infidèle de la gente masculine ?

Parce qu'il adore le sexe

Il est encore de coutume de penser que le sexe dans la vie de l’africain, c’est comme le manioc dans la perception qu’on a de son alimentation. On se contentera de mentionner que c’est une idée héritée de l’époque coloniale qui n’a plus lieu d’être. Tout être humain AIME le sexe. Mais, culturellement, par exemple, pour beaucoup d'hommes africains, la masturbation, bien que considérée comme normale, constitue une tare. Et quand bien elle revêtirait le moindre intérêt, ce serait seulement lorsqu’elle serait pratiquée par une « autre main » ("Au pire, quand elle est fatiguée, elle envoie juste sa main, tu vois un peu" disent -ils. Parallèlement en Occident, beaucoup d’hommes européens se livrent à cette pratique sans que leur partenaire ne le sache. C’est là une alternative à ces excès de désirs sexuels, qui prend des allures "d’infidélité" dans la mesure où ils n’oseront pas en parler à leur conjointe, et surtout pas le faire avec elle/ en sa présence. Se secouer le tube peut aller de « de temps en temps » à « rarement », à peu près à la même allure que des actes d’infidélité. Bien sûr, il vaut mieux être trompé avec une main qu’avec une autre femme, surtout que tromper c'est effectuer autant d’actions (rendez-vous, rencontre, etc.) qui supposent que le sujet ait eu le temps de réfléchir avant. Pourtant, pour un infidèle « régulier », un plan cul peut être aussi banal, rapide et risqué qu’un « plan branle » pour un homme bien sur tous les points dans son couple. Ainsi, le négro-africain pour qui, la masturbation dans la sexualité, c’est une graine d’arachide dans un repas, s'adonnerait au « plan cul » en tant qu’acte infidèle, de la même  manière (avec la même gravité plus ou moins forte) qu'un homme qui exercerait la masturbation (par exemple) et pour qui cela représenterait bien plus (sous-entendu pour qui c’est normal depuis son adolescence).

Parce qu'il est traditionnellement polygame

C’est un argument obsolète et de mauvaise foi. D’une part, dans beaucoup de sociétés africaines (à l'exception des sociétés musulmanes et de certaines sociétés dites primitives), la polygamie relève de traditions en voie de disparition ou du moins qui ne peuvent avoir un réel impact sur les générations récentes. Impact dans le sens où un homme en relation monogame aurait ce sentiment que c'est "un droit d'avoir plusieurs conquêtes à la fois". Car celui pour qui c'est le cas, pratiquerait directement et ouvertement  la polygamie et n'aura pas besoin de le cacher. D’autre part et surtout, à travers cet argument, on attribue des fondements culturels à des pulsions sexuelles, une sorte de « perpétuation inconsciente de la culture ». Bien entendu, un enfant dont le père a eu plusieurs conquêtes peut-être influencé émotionnellement et reproduire les mêmes scénarios, mais c’est valable aussi bien au Burkina Faso, qu’en Belgique ou en Chine et n'est pas à imputer à la culture. Par ailleurs, quand bien même un enfant naîtrait dans un foyer polygame, la polygamie ne contribue pas toujours à pallier à l’infidélité comme on le pense : on peut être polygame ET infidèle  ou du moins avoir des désirs tournés vers (cf. points précédemment évoqués). En outre, dans l’infidélité, le désir précède à la raison. C’est une démarche égoïste et hédoniste dans lequel l’individu pense d’abord à sa propre satisfaction et seulement à celle-ci. Autant de facteurs qui rendent donc cet argument quelque soit peu erroné.

Parce qu'il aime le sexe brut

On considère à tort qu’une vie sexuelle devient monotone seulement à partir du moment où au moins l’un des deux partenaires s’ennui. Pourtant, ça peut tout aussi bien être le cas même lorsque le sexe vaut 10/10 dans le couple. Pourquoi ? Nous savons tous ce que c’est que jouir, ou le goût du chocolat, mais il est impossible de se souvenir de la véritable sensation, de la reproduire en pensée, voir même tout bêtement de la décrire. Le désir sexuel repose donc sur le fait que l’être humain veut juste recommencer «ce qui  était bon » et, celui là qui aura une libido plus élevée peut être considéré comme « ayant la mémoire encore plus courte ». Dit comme cela, on y voit un porc qui ne pense qu’à s’envoyer en l’air toutes les deux minutes, raison pour laquelle certaines femmes pensent qu’il faut « épuiser/rassasier » leur homme pour qu’il n’ait plus besoin d’aller voir ailleurs. Et ce n’est pas faux. Mais à long terme on voit bien qu’il suffira que la femme ne le rassasie pas quelques fois pour qu’il aille manger à côté, puis revenir savourer le « vraie plat » chez l’officielle. La solution serait alors de faire en sorte qu'on y repense comme « plus que seulement du sexe pur ». Dit autrement, il faut véritablement donner son sens à l’expression « faire l'amour », non pas au niveau de la performance, mais au niveau des agréments. Et c’est le cas dans les sociétés occidentales où le concept atteint son paroxysme avec toutes les déclinaisons possibles : échangisme, sadomasochisme, etc. Face à cette image qu’il a du « blanc », le négro-africain n’en est que plus convaincu que, toute fantaisie ajoutée sur la relation sexuelle basique n’est que « perversion du blanc ». Ce n’est pas tant qu’il refuse d’essayer de nouvelles choses, c’est d’abord une réaction par rapport à son homologue européen qu’il trouve « très tordu ». D’où sa réputation de « bestial au lit » qui n’est en fait qu’une description du « sexe à l’état brut et « naturel » ». Pour résumer: vous ne vous remémorez vraisemblablement jamais un orgasme, sinon le plaisir que vous avez eu à y parvenir. C'est pourquoi on préconise de "pimenter sa vie sexuelle". Cela ne va pas tant contribuer à la qualité en soit, mais à l'épanouissement de chacun. Épanouissement qui s'expérimente par exemple, lorsque la réduction de la fréquence ne pose plus problème car on devient apte à prendre son mal en patience, sans avoir l'impression de "se retenir". 

Parce que beaucoup de femmes sont superficielles
Il ne s’agit pas (seulement) de superficialité au sens propre du terme. Beaucoup de femmes ont épousé une image du noir que leur a livrée la tradition africaine/ la société/ leur propre vie. C’est dans ce sens qu’elles seraient superficielles, en ce qu’elles se cantonnent à cette image et ne manifestent aucun effort pour prendre du recul et aller au delà de leurs a priori. Parmi les critères associés à l’homme noir : sa virilité, son entreprenariat, son caractère protecteur, son infaillible « sex-appeal » et pour bon nombre d’africaines, sa capacité à entretenir sa bien aimée. C’est ainsi qu’on peut constater que celles qui labélisent les hommes noirs comme infidèles, sont d’une part les femmes noires qui sélectionnent leurs conquêtes sur ces critères, et d’autre part les femmes non-noires qui éprouvent une attirance particulière pour les hommes noirs. Ces deux profils de femmes ont pour point commun qu’à leur yeux, n’aura pas le « sex-appeal du black », n’importe quel homme noir qui le voudra. Et souvent même, elles sélectionneront leur partenaire noir (inconsciemment ou non) en fonction du niveau de convoitise qu’il peut susciter chez la gente féminine. On peut y ajouter celles qui se basent sur leur vie familiale (père/frères/oncles/cousins) pour juger l’homme noir. Vous l’aurez compris : une femme non superficielle aura beau enchaîner les relations foireuses avec des hommes noirs infidèles, elle acculera et versera sa colère sur la gente masculine dans sa globalité comme le font la plupart des femmes.


Parce que la femme africaine a encore du chemin


L’un des obstacles à l’émancipation de la femme africaine reste elle – même. Il est vrai que l’homme africain, orgueilleux, s’appuie encore sur la coutume et la tradition pour asseoir son hégémonie sur sa compagne. Mais alors que beaucoup d’entre elles semblent être prêtes à se libérer de ce rapport de subordination, une grande part préfère contourner le problème. La femme africaine adhère avec vigueur au combat de la femme pour s’ériger en tant qu’égale de l’homme et reprendre le respect qui lui est dû, mais dans les faits, peu d’entre elles osent tenir tête à l’homme africain. Alors que beaucoup se complaisent et se contentent de s’apitoyer, d’autres prennent tout bonnement la fuite et se réfugient chez l’occidental, l’homme blanc qui « serait plus fidèle que l’homme noir ». Exprimant leur lassitude sous forme d’acte de lâcheté, elles pensent sans doute que l’homme noir sera seul face à lui-même et, va faire une introspection pour se changer lui – même. Mais tout ce qu’elles récolteront ce sont des « bons vents » formulés de la manière la plus désagréable qu’il soit. Car l’Homme se construit dans sa relation avec l’autre. De plus, si elle perçoivent aujourd'hui "l'homme blanc" comme "plus fidèle", c'est parce que leur homologue féminin de l'Occident s'est davantage affirmée.Tant que la femme africaine, attendra de l’homme qu’il change seul, et ainsi de recevoir de lui, sa promotion, elle restera sous sa dépendance et le traitement en sa faveur ne changera pas.

Cet article traite de l'infidèle chronique, qui se distingue comme énoncé au début, de celui qui  s'installe dans une double relation; de celui qui s'égare une fois (quoique) ou encore de celui qui souhaite "prendre du recul" en testant ailleurs. 
Les points évoqués ici peuvent corréler tout comme ils peuvent être totalement indépendants et, chacun d’entre eux revête un caractère subjectif qu’il appartient à chacun(e) d’approfondir. Par exemple : comment ajouter du piment à sa vie sexuelle pour rompre avec la monotonie au sens évoqué au dessus ? Comment la femme africaine doit – elle réagir pour se confronter à l’homme africain ? D'autre part, bien évidemment que l'homme africain étant avant tout un homme, en occultant le côté spécifiquement africain sur chaque point, on y retrouve également des explications quant l'infidélité des hommes. 
Par ailleurs, évitons de tout mélanger : le fait qu’il y ait beaucoup d’hommes africains qui procréent avant de fuir leurs responsabilités n’a pas toujours de rapport direct avec le caractère volage des hommes mais davantage avec la situation économique et plus particulièrement la pauvreté et le manque de développement. Entre celui pour qui la contraception c’est encore l’affaire des autres et celui qui a honte devant son manque de moyens pour subvenir à ses responsabilités ou le bon CONNARD qui fuit tout simplement ses responsabilité, on peut y trouver autant d’explications que de caractères de personnes, sans jamais faire le lien avec une la notion d’infidélité. C’est donc une question de milieu et non de CULTURE (une fois de plus), l’Afrique présentant plus de milieux propices qu’ailleurs.

10 commentaires:

  1. Encore une fois bravo pour ton super article! Très concis!

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  2. Très très très très bon article ! Court mais bon ! C'est ça qu'on veut !

    C'est clair que le négro-africain comme tu dis est assez infidèle mais je pense que quelque part c'est aussi un rôle que joue l'éducation que nous avons et surtout de la place que l'homme a dans notre " communauté " comme ils disent. Le fait que l'homme ait deux ou trois bureaux est une idée encrée et tellement acceptée dans les moeurs qu'un homme pourrait presque tromper sa femme sous son toit et devant elle ! Ok j'exagère. Je me souviens encore de ma mère qui me disait que la différence entre mon frère et moi c'est que si lui il met une femme enceinte il pourra la laisser tomber et aller s'en prendre une autre ainsi de suite...Le machisme est encore très et même TROP fort chez nous au point que l'infidélité est devenue l'une des caractéristique de l'Africain ! Enfin voilà je pourrai encore blablater des heures là... mdr

    Des bisous

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  3. Tu as très bien fait le tour du sujet! alors toi tu te positionnes où?

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  4. post très interessant et je rejoint "afro mango" ou est ce que tu te positionnes toi? étant donné que tu es africain, mais est ce que tu fais parti d'un "milieu" propice ?

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  5. Encore un article qui me laisse admirative. Mon paragraphe prefere est le dernier. Une fois de plus, tu as tout dit! Je n'ai jamais compris cette histoire d'infidelite, specialement chez l'Africain d'abord parce que je n'y crois pas et que je n'en ai pas encore fais l'experience.
    Je suis noire et je suis attiree par les noirs. Je ne fais pas du communitarisme mais je suis attiree par les personnes qui me ressemblent avant tout. Il y a des infideles partout et des fideles partout. Le fait que certains indifeles se fassent remarquer plus que d'autres ne signifie rien,
    Moi aussi j;aimerai connaitre ta position dans tout cela.

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  6. Ben dis donc il n'y a pas beaucoup de commentaires sur cet article comparé aux autres ! Une vérité qui fait mal auait-elle été jeté à la tronche de certains...

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  7. Hum Blog tres interessant je suis ravie de l'avoir decouvert, le sujet des articles sont bien choisis aussi et ca change que ce soit un garcon hihi...

    Par contre concernant cet article je trouve qu'il escuse beaucoup les hommes noirs...

    Ha oui j'aime aussi la phrase qu'on lit avant de mettre des coms moi qui ne commente pas souvent ca m'a fais me lancer hihi je met ton blog dans mes favoris ;)

    Merci encore pour ton blog !!!!

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  8. Encore une fois tu fais preuve de grand art Will !
    J'adore ton article : Vérité !

    C'est net et clair !

    Bises !

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  9. Du coup j'ai complètement omis de répondre aux premiers commentaires qui me demandait où je me situais.
    Et bien moi je suis un cas social en amour, qui ne s'est pas encore casé assez longtemps pour me poser se genre de questions. D'où le fait qu'au lieu de tromper je préfère arrêter tout de suite et obéir à mes pulsions comme bon me semble =) ! Mais il va de soi qu'à partir du moment où j'en arrive à analyser la situation ainsi, je ne pourrai plus prétendre à l'infidélité aussi impunément pour la simple et bonne raison que je serais parfaitement conscient de ce que je ferai et donc doublement punissable...

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  10. "Tant que la femme africaine, attendra de l’homme qu’il change seul, et ainsi de recevoir de lui, sa promotion, elle restera sous sa dépendance et le traitement en sa faveur ne changera pas." juste ça suffit!! bonne continuation!

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Ah, c'est bien, faut pas faire timide comme ça! Merci

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