samedi 18 décembre 2010

Retour aux sources, pour se sentir revivre...

Retour aux sources, histoire de revivre


J’ai besoin de me consacrer un peu de temps, pour me faire du bien. Alors il faut que je m’y rende. Rien que d’y penser, à cette sensation de revivre après y avoir fait un tour, je suis tout excité.

D’ordinaire je n’aime pas les réservations, j’y vais et si c’est bon, je fonce ! Et c’est bien ce que je compte faire cet après midi. A peine sorti, je me fais interpeller par des types, chacun veut remplir le sien avant de repartir pour l’après-midi. Finalement, je cède et suis l’un d’entre eux. Il m’invite alors à entrer, je repère les places vides, et j’en prends une. Une fois n’est pas coutume, j’ai oublié d’embarquer un magazine ou une revue pour passer le temps, mais de toute façon c’est bien agité ici. Mon voisin est très bavard. C’est un tonton, qui semble être titulaire d’un doctorat dont je n’arrive pas à retenir le nom. En tout cas, son journal sous l’épaule, il n’arrête pas de vanter son diplôme! Qu’a-t-il fait avec aujourd’hui, personne ne le sait. En tout cas, il nous « les casse grave ! » avec son bavardage. D’autant plus qu’en face, il y a cette gamine, cheveux en couette façon Kita, qui n’arrête pas de fredonner à tue-tête : « Joungona staaaaair mi daaan … icoz lurrrrrrrst ». Je veux bien que l’on soit un enfant mais, ce n’est tout simplement pas possible de chanter aussi mal. Si ce n’était la dernière gamme, je n’aurais jamais pu reconnaître le son « I love the way you lie » de Rihanna et Eminem. Et à écouter ce qu’elle chantonne, à voir avec quelle ardeur elle le fait, cette bambine est vouée elle aussi à subir l’effet capillaire « Rihannata ». A ses côtés, sa grande sœur, que je découvris de bas en haut en ramassant mon portable, avant de tomber sur sa tête de niafou. Quel gâchis ! Si c’était pour les remettre au crayon, pourquoi t’être rasée les sourcils ?

Mais me voilà interrompu par une tantine qui passe sous mes yeux, et quelle la tantine ?! Mince ! Le « cougar à l’africaine », les seins en place comme des noix de coco et le derrière emballé dans un pantalon qui semble avoir été emprunté à sa fille. Chaîne autour des reins, tissage flambant neuf et Sac Chanel assorti à ses talons de même marque, elle veut s’entretenir discrètement avec celui qui dirige le truc et qu’elle a l’air de connaître. Enfin tu parles de discrétion, , quelques minutes plus tard, nous entendons bien tout ce que la dame raconte puisqu’elle crie. Tout ce que l'on saura grâce aux quelques mots français glissés, c'est que c'est à propos d'une histoire de paiement. Puis mine de rien, elle revient sur ses pas souriante et tournant le 'bobaraba', on ne sait jamais, peut-être qu’un son bienfaiteur sera dans les parages, sur l’un des sièges. Quoiqu’il en soit, Dieu et grand-mère m’en pardonne, mais elle emporte bel et bien mes yeux sur son fessier.  C’est un vrai capharnaüm ici, un véritable brou ara, ça gueule dans tous les sens, sous fond de commérage. C’est ainsi que j’apprends par exemple que le magasin de Mado’ est en liquidation, et que c’est Sidonie qui l’a dénoncée, après avoir appris que Mado sortait avec son mari. Et que c’est Pélagie qui a dénoncé Mado parce qu’elle ne lui a toujours pas payé les 2 boubous vendus à crédit.

Non loin de là, un groupe de tontons effectue des remaniements politiques, marque des buts, et défait les réputations des grands hommes africains... Le tout avec la bouche. Le plus cultivé sera celui qui aura les rumeurs les plus improbables car les autres débats tournent en rond, chacun campant sur ses positions. A côté, il y a ce débat qui attire mon attention : les noirs doivent-ils manger avec les mains ? Alors que pour l’un cela relève de la culture au même titre que les baguettes en Asie, pour l’autre, ça ne devrait pas se faire pour tous les plats systématiquement. Mon avis est mitigé : ce qui au départ était un fait empirique (manger avec les mains parce que nous n’avions pas pensé à inventer des ustensiles) ne sait-il pas vu imposer comme fait culturel pour affirmer notre identité vis-à-vis de l’Homme blanc ? Si c’est un fait culturel depuis la nuit des temps, comment expliquer alors que, les occidentaux et asiatiques qui ont un jour eux aussi mangé avec les mains, en soient arrivés à manger avec des outils ? Et puis même comment se fait-il que les intervenants ne se soient pas dits depuis, qu'on peut tout à fait manger avec les mains au Sénégal, sans que cela ne soit le cas au Cameroun? On parle de notion de continent, lieu où cohabitent plusieurs cultures!

Mais passons, je ne suis pas là pour débattre, surtout quand le débat est mené par des hommes africains mûrs et que l’on sait qu’en Afrique l’âge prévaut sur la maturité. Une intervention de ma part,  aussi respectueuse et modeste qu'elle puisse être formulée, risquerait de passer pour de l'insolence.

Plusieurs minutes plus tard, c’est fini ! C’est le moment de rentrer à la maison ! Rien à dire : les salons de coiffures africains restent des lieux atypiques en France. Ils peuvent être l’occasion de rentrer au pays le temps d’une journée, ou a contrario, de se rappeler pourquoi on fuit le milieu « purement africain » en France. 

2 commentaires:

  1. Ah j'adore, t'as fait un voyage de plusieurs milliers de kilomètre tout en restant en France, c'est le propre des salons africains qui, je l'avoue, je fuie au maximum...

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  2. Mdrrr!! La petite qui chantait du Rihanna, sa m'a bien fait rire, mais le debat sur manger avec les mains encore plus! ptdrrr
    j'adore ton blog

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Ah, c'est bien, faut pas faire timide comme ça! Merci

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